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Hermann Grädener : piano concerto opus 20, Mathilde Kralik von Meyrswaden : Symphonie « Hymnique ». Hänssler Classic

Premier enregistrement mondial du concerto pour piano et orchestre. Deux œuvres d’une beauté enivrante !


Hermann Grädener : piano concerto opus 20, Mathilde Kralik von Meyrswaden : Symphonie « Hymnique ». Hänssler Classic
Avec Oliver Triendl, piano ; Tineke Van Ingelgem, soprano ; orchestre du Nord de l’Allemagne de Rostock : Marcus Bosch
Label hänssler classic, www.haensslerprofil.de
Durée : 70 minutes, Enregistré du 24 au 27 janvier 2026 au Volkstheater Rostock.
Sortie française juin 2026.

Le pianiste Oliver Triendl est devenu le champion numéro 1 hors catégorie des œuvres oubliées ou perdues de compositeurs ayant écrit pour des pianistes sur les traces d’illustres prédécesseurs tels que Michael Ponti, Felicja Blumenthal, Jorge Bolet, Daniel Blumenthal, Jonathan Powell, Earl Wild, Victor Sangiorgio, Marc-André Hamelin, Howard Shelley, Ian Hobson... Cet enregistrement en est l’illustration parfaite. La prise de son retient l’attention. Qu’attend-on en France pour inviter cet artiste majeur de notre temps ? Je pense bien sûr à La Roque d’Anthéron, la mecque de tous les musiciens mais pas que…

Hermann Grädener (1844-1929) : injustement oublié !

On connaissait les deux très beaux concertos pour violon et orchestre enregistrés chez le label Toccata Classics.
Fils du violoncelliste et compositeur Carl Grädener (1812-1883) dont on attend la résurrection de l’œuvre dont un concerto pour piano ; il est violoniste et compositeur. Il fait ses études au conservatoire de Vienne puis y enseigne dans de nombreuses institutions et succède à Anton Bruckner à l’université de Vienne. Il y a des élèves comme Anton Webern, Erich Wolfgang Korngold, Franz Schrecker.

Il laisse une œuvre importante comme son père avec deux opéras, deux symphonies, deux concertos pour violon, un pour piano, de la musique de chambre, de la musique pour piano…
Ce concerto de forme classique en trois mouvements épouse la tonalité de ré mineur. Ses dimensions sont importantes. Il exige une technique sans faille. Hermann appartenait au cercle des amis de Johannes Brahms. Ce concerto fascinant fût créé en 1879 sous la direction de Hans Richter. Disons-le cette œuvre majeure du 19ème siècle a sa place à côté des deux concertos pour piano de Johannes Brahms, celui de Joseph Rheinberger ou de Hans Bronsart von Schellendorf. Les mélodies sont d’une poésie diaphane. Oliver Triendl y déploie des qualités musicales qui laissent sans voix. Dix pianistes en un. On comprend mieux pourquoi il est acclamé sur tous les continents. Il signe la première mondiale de ce concerto oublié et le transcende avec les musiciens de Rostock sous la direction attentive et alerte de Marcus Bosch. Un véritable régal. Le corps tremble. Le cœur s’emballe. On tient là la version de référence pour de longues années.

Mathilde Kralik Von Meyrswalden (1855-1944) : Vous connaissez ?

Quelle idée géniale de réunir sur un enregistrement un compositeur né à Kiel et une compositrice née à Linz contemporains ayant vécu à Vienne ! Elle est la sœur du poète philosophe autrichien Richard Kralik von Meyrswalden. Elle est la quatrième de cinq enfants d’une famille de verrier. Ses parents jouaient de la musique. Elle étudie le piano auprès de sa mère. Elle fût l’élève en cours privé d’Anton Bruckner. Elle réussit l’examen d’entrée de la Société des amis de la musique et étudie au conservatoire de 1876 à 1878. Elle en sort diplômée.

Elle devient présidente honoraire de l’association des femmes choristes de Vienne et membre de la communauté Bach de Vienne et membre des compositeurs et artistes de la capitale autrichienne. Elle laisse une œuvre très importante dans tous les domaines en faisant une compositrice majeure du 19ème et 20ème siècle dont des œuvres symphoniques, un concerto pour violon et orchestre, des opéras sur des livrets de son frère Richard, des mélodies, des oratorios, des cantates, de la musique de chambre. Je connaissais son Nonette pour clarinette, deux cors, basson, deux violons, alto, violoncelle et piano écrit en 1901 et enregistré chez ce même label avec Oliver Triendl, chambriste hors pair. Son unique symphonie en fa mineur « hymnique » se compose de quatre mouvements amples. Elle respire Anton Bruckner avec des clins d’œil à Gustav Mahler. Elle est l’héritière quelque part de la grande tradition symphonique germanique. Je songe à la deuxième symphonie lobgesang de Félix Mendelssohn dont elle tire sa source quelque part. Cette œuvre aux dimensions remarquables est un hymne à la vie. Il s’y dégage une légèreté très viennoise. Écrite en 1902-1903, elle sera révisée au milieu de la seconde guerre mondiale, on peut y ressentir un immense chant de paix. La soprano belge Tineke Van Ingelgem à la voix solide étonne dans le dernier mouvement. La beauté du timbre interpelle. Marcus Bosch est l’un des plus grands chefs d’orchestre du 21ème siècle. Il excelle dans tous les répertoires qu’il aborde avec un supplément d’âme dans le romantisme. Son engagement y est total et supplante la version qui existait déjà chez Gramola. C’est d’une beauté à frémir de bonheur.
Serge Alexandre

www.oliver-triendl.com
www.marcusbosch.de

Serge Alexandre
Mis en ligne le Mardi 9 Juin 2026 à 20:31 | Lu 45 fois

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